Prévision saisonnière Tendance saisonnière cyclone 2026-2027

Tendance saisonnière d’activité cyclonique dans le Sud-Ouest de l’océan Indien : Saison 2026-2027

28/10/2026

Dans un contexte global marqué par un épisode El Niño d’une ampleur potentiellement exceptionnelle, le scénario le plus probable pour la prochaine saison cyclonique tend vers une activité inférieure à la normale sur le bassin cyclonique du sud-ouest de l’océan Indien. On estime qu’entre 6 et 10 tempêtes (en incluant la tempête Agueda, déjà suivie) pourraient se développer, dont 3 à 5 atteindraient le stade de cyclone tropical. Une activité un peu plus soutenue est envisagée au nord et au nord-est des Mascareignes, avec des phénomènes cycloniques se déplaçant majoritairement vers le sud ou le sud-est. Dans cette configuration, un risque d’impact atténué est envisagé pour Madagascar et le Mozambique, tandis qu’il reste proche de la normale pour les Mascareignes (Rodrigues, Maurice, La Réunion).

Nous estimons en effet qu’il y a une probabilité de 70 % de connaître une activité inférieure à la normale, une probabilité de 20 % pour que l'activité cyclonique soit proche de la normale et une probabilité de seulement 10 % pour que l’activité soit supérieure à la normale1. La saison cyclonique a déjà commencé et une tempête (Agueda) a déjà été suivie sur le bassin la semaine dernière. De 5 à 9 tempêtes tropicales supplémentaires devraient se développer sur le reste de la saison. On s’attend à avoir au final 6 à 10 phénomènes cycloniques sur le Sud-Ouest de l’océan Indien (normale à 10), dont 3 à 5 deviennent des cyclones tropicaux (normale à 5).

Prévision d'activité cyclonique

Le contexte de grande échelle de cette saison change radicalement par rapport aux deux dernières années. Il est cette fois-ci placé à l’échelle globale sous l’influence d’un très fort épisode El Niño combiné, au niveau régional, à une phase négative du Dipôle Subtropical de l’Océan Indien. Cette configuration favorise une Zone de Convergence Intertropicale ayant du mal à s’installer durablement dans une configuration propice à la genèse des tempêtes tropicales.  L’activité devrait toutefois être un peu plus marquée au Nord ou au Nord-Est des Mascareignes avec des trajectoires majoritairement orientées vers le Sud ou le Sud-Est. Madagascar et le Mozambique pourraient ainsi connaître un risque d’impact atténué alors qu’il se maintient proche de la normale pour les Mascareignes.


Les flèches noires indiquent les types de trajectoires privilégiés. Les flèches grises, les types de trajectoires moins privilégiés. Compte tenu de l’activité envisagée, le nombre de formation de tempêtes par zone illustre une répartition possible de l’activité.

Il convient de mettre en œuvre, dès à présent et comme chaque année, les précautions d’usage de début de saison cyclonique. Rappelons que pour un endroit donné, il suffit d’un seul système pour connaître un impact pouvant être catastrophique.

Contexte de grande échelle attendu sur le bassin pour l'été 2026-2027

Au niveau global, les faibles épisodes La Niña qui ont prévalu dans le Pacifique équatorial au cours des 2 dernières saisons cycloniques se sont terminés avant la fin de l’été austral 2025-2026. Depuis, c’est son pendant inverse, le phénomène El Niño, qui s’est mis en place depuis quelques mois et ce, de façon très marquée. Les eaux du Pacifique équatorial Est et central sont actuellement beaucoup plus chaudes que la normale, et cette anomalie océanique se répercute par des modifications de la circulation atmosphérique et océanique à l’échelle mondiale, notamment dans les régions tropicales.

L’épisode en cours est prévu pour atteindre son pic en fin d’année avant de lentement décliner. Il s’agit d’un épisode de très forte amplitude, potentiellement supérieure à celle des événements de 2015-2016, 1997-1998 ou 1982-1983. Son influence sur les circulations océaniques et atmosphériques est prévue pour perdurer sur l’ensemble de l’été austral.

Au niveau régional, une faible phase positive du Dipôle de l’Océan Indien est en cours, mais devrait commencer à décliner, puis disparaître avant la fin de l’année 2026. Une phase négative du Dipôle Subtropical de l’Océan Indien est déjà en place et devrait être omniprésente sur le reste de l’été austral (avec une prévisibilité toujours délicate pour ce phénomène).

Avec un El Niño proche des records, accompagné d’une phase négative du Dipôle Subtropical de l’Océan Indien, c’est un paysage de fond diamétralement opposé à celui de l’année dernière qui s’installe pour l’été austral 2026-2027.

Dans ce contexte, quelle réponse peut-on attendre de l’activité cyclonique sur le sud-ouest de l’Océan Indien ? 

L’influence d’El Niño dans notre bassin se traduit par une modulation à la fois défavorable et favorable des facteurs nécessaires à la formation des tempêtes et des cyclones.

Parmi les modulations défavorables, on peut citer :
   • une convergence moins efficace dans les basses couches de la Zone de Convergence Intertropicale ; 
   • un cisaillement de vent d’ouest plus marqué que d’habitude dans la zone où les systèmes atteignent habituellement leur maximum d’intensité. 


Parmi les modulations favorables, El Niño est associé à :
   • des températures de la mer particulièrement élevées et une atmosphère très humide dans la zone proche équatoriale de la moitié ouest du bassin ; 
   • un cisaillement de vent moins marqué qu’habituellement dans la zone privilégiée de formation des systèmes. 

L’étude des saisons cycloniques passées en contexte El Niño montre une réponse dépendante de l’amplitude du phénomène : l’activité peut en effet être supérieure à la normale pour un El Niño de faible ampleur, alors qu’elle est généralement réduite pour des El Niño modérés à forts (scénario privilégié cette année).
Une autre modulation caractéristique concerne la typologie des trajectoires. Avec un anticyclone des Mascareignes moins marqué que d’habitude, le contexte est beaucoup moins favorable aux longues trajectoires en direction de l’ouest, observées régulièrement ces deux dernières années (CHIDO, DIKELEDI, GEZANI). Les « plongeons » assez rapides vers le sud, le sud-est, voire des trajectoires temporairement atypiques en direction de l’est, devraient être les caractéristiques privilégiées des systèmes de cette saison.

Anomalies de la température de surface de la mer

Un océan surchauffé au niveau d’une grande partie de l’océan Indien va constituer une source de carburant abondante pour les phénomènes cycloniques cette année …

… cependant une Zone de Convergence Intertropicale globalement moins active que la normale, en raison d’un manque de convergence entre la mousson provenant de l’hémisphère Nord et les alizés de l’hémisphère Sud, devrait limiter l’utilisation de ce carburant. 

  • Accueil
  • Actualités
  • Tendance saisonnière d’activité cyclonique dans le Sud-Ouest de l’océan Indien : Saison 2026-2027